LE SECRET DE LA VALLEE DE L’INDUS

CHAPEAU : LA CIVILISATION DE L’INDUS EST-ELLE LE BERCEAU DE L’ECRITURE ? ET QUI EN ETAIENT LES HABITANTS ?

Pendant longtemps, on pensa que la civilisation de l’Indus, du nom de la rivière Indus, qui elle-même a donné l’appellation Hindous (*), dont les hauts lieux sont Harappa et Mohenja Daro, était une civilisation dravidienne, qui fut anéantie par des envahisseurs aryens venus du Caucase environ 1500 avant Jésus Chirst. On en voulut pour preuve de nombreux ossements, découverts par l’Anglais Wheeler Mortimer, qui en conclua bien hâtivement, qu’ils appartenaient à des Harappiens ou Dravidiens. On trouva également des tablettes de pierre sur lesquelles étaient inscrits d’étranges signes et on supposa que c’était un scrpit protodravidien, bien que personne n’ait jamais pu les déchiffrer.

Cependant, depuis quelques années, plusieurs découvertes archéologiques et linguistiques sont venus bouleverser ce postulat de la vallée de l’Indus qui fait encore réference dans nos livres d’Histoire de l’Inde. D’abord, une étude moderne de la stratification des excavations, révéla qu’il existait plusieurs siècles de différence entre la plupart des cimetières que Wheeler avait identifiés comme étant ceux des Dravidiens massacrés par les Aryens et que les ossements découverts appartenaient donc à plusieurs générations d’Harappiens. Ensuite, des photographies prises par le satellite américain Landstat permirent de découvrir le lit d’une magnifique rivière, que les anciens Indous appelaient la Saraswati et qui au temps de sa splendeur atteignait jusqu’à 14 km de large, et coulait à travers les états de l’Haryana, du Pendjab et du Rajasthan, avant de se jeter dans la mer près de Bhrigukuccha, appelé aujourd’hui Broach. La découverte du lit de la Saraswati résolut de nombreux mystères, tel celui des 300 sites archéologiques excavés par les archéologues pakistanais Durrani et Mughal, qui ne se situaient pas sur les berges de l’ancienne rivière Indus, comme on aurait pu le penser, mais sur les rives de la Saraswati. L’archéologue américain Mark Kenoyer dessina d’ailleurs en 1991 une carte antique de tout le nord-ouest de l’Inde et du Pakistan, qui montre que la plus grande concentration de sites archéologiques se trouve le long de l’ancienne Saraswati. Il devint donc évident que ce fut l’assèchement de la rivière Saraswati – et non la mythique invasion des Aryens – qui serait responsable de la déchéance de la civilisation de l’Indus. Enfin, deux chercheurs indiens, le Dr. Jha, un paléontologue et le Dr. Rajaram, un mathématicien, affirment avoir réussi à décrypter le langage de la vallée de l’Indus . Le Dr. Jha, qui se penchait depuis vingt ans sur ces hiéroglyphes, finit par découvrir que le script de la vallée de l’Indus n’était pas seulement consonantique comme on l’avait affirmé jusqu’à aujourd’hui, mais qu’il utilisait un SEUL SIGNE POUR TOUTES LES VOYELLES, qui se déchiffraient suivant le sens du texte, un peu à la manière des écritures arabes. En s’aidant du Nighantu, un ancien glossaire védique qui recense tous les mots sanskrits d’importance, Jha remarqua rapidement que certains symboles du Nighantu se retrouvaient sous une forme plus évoluée dans le script de l’Indus. Ainsi, deux lignes qui ondulent parallèlement et représentaient autrefois une rivière, incarnaient dans le script de l’Indus la consonne N, première lettre du mot Nadi, qui veut dire rivière en sanskrit. A ce jour, Jha et Rajaram, aidés par l’indianiste américain David Frawley, affirment avoir traduit 2000 des sceaux de l’Indus.

Pour eux, ce décryptage confirme que la civilisation de l’Indus n’est qu’une CONTINUATION de la civilisation de la Saraswati védique (des Védas, les grands textes sacrés de l’Hindouisme), qui aurait fleuri entre 5000 et 3500 avant J.C. La découverte récente à Harappa (Pakistan) par le Dr Meadow de l’université d’Harvard, d’inscriptions gravées il y a 5500 ans sur une poterie, n’a fait que renforcer leurs convictions. Le rébus était simple: un ‘M’ doublé, un ‘Y’, un losange avec un point en son centre, un autre losange déformé et un ‘V’. Le Dr Rajaram l’a traduit ainsi : “ilavartate vara”, ce qui voudrait dire: “Ila irrigue la terre (vara) sacrée”. Les chercheurs indiens font remarquer que cette écriture peut être qualifiée de ‘préharapienne’, étant bien plus primitive que celle des sceaux de l’Indus, parce que cette fois IL N’Y A PAS DE VOYELLES. Au lieu de cela, affirment-ils, ce script utilise des DOUBLES CONSONNES pour indiquer des voyelles. Ainsi Ilavarta est écrit ‘llvrt” – la double consonne ‘ll’ indiquerait une voyelle en début de mot, et le ‘a’ de la fin doit se deviner. Enfin, le Dr Rajaram fait valoir “que dans le Rig Veda, le plus sacré des textes des Védas, ‘Ila’ fut souvent utilisé pour désigner la rivière Saraswati, qui est pris là comme une déesse de bienfaisance.

Si les affirmations de Rajaram sont justes, cela aurait des conséquences incalculables non seulement pour l’histoire d l’Inde, mais également pour celle notre humanité. “Car cela démontrerait, avance l’Indianiste américain David Frawley, que l’écriture préharapienne de la civilisation Saraswati est la plus ancienne écriture connue au monde car elle remonte au moins à 5000 ans avant J.C”. Et Frawley en conclue: “non seulement le berceau de notre monde occidental ne se trouverait pas en Mésopotamie avec les Sumériens, mais dans l’Inde védique ancienne; mais en plus, les Sumériens, qui sont supposés être une race d’origine iranienne, pourraient être une tribu aryenne de l’Inde descendue à l’Ouest”.

ENCADRE: ARYENS ET DRAVIDIENS

Mais comment pourrions-nous descendre de ces sauvages, se demandèrent incrédules les officiers de Sa Gracieuse Majesté, au lendemain de la mutinerie indienne de 1857 ? On va donc s’employer à créer le mythe colossal, absurde, invraisemblable, mais qui a perduré jusqu’à aujourd’hui: celui de l’invasion aryenne. Désormais ce sont des Aryens originaires du Caucase, qui il y a 3500 ans, envahirent l’Inde dravidienne, après avoir longtemps transité en Iran et fondé le mouvement zoroastrien. Grâce à la découverte du Sanskrit, on habilla de langage scientifique ces superstitions sans fondement rationnel. Puis on modifia cette doctrine pour démontrer que les Aryens européens et les Aryens indiens constituaient deux branches différentes d’un même race qui avait son origine en Asie centrale, ou même en Europe. Grâce à ceci, on put attribuer les merveilles scientifiques de l’Inde, que ce soit les mathématiques, la médecine, ou l’astronomie, non pas aux Indiens, mais à leurs ancêtres aryens – donc à nous, la race européenne, et en particulier aux influences grecques qui firent suite à l’invasion des Indes par Alexandre le Grand ! Cette prise de position: « l’Inde ne possède pas de civilisation propre à elle-même », devint plus tard le dogme de l’establishment marxiste et islamiste en Inde.

Wheeler et ses pairs, qui étaient au service des colons élaborèrent donc un théorème qui allait perdurer pendant plus de soixante dix ans : les ‘méchants’ Aryens envahirent l’Inde vers 1500 avant J.C., subjuguèrent les ‘bons’ Dravidiens, et instaurèrent l’horrible systèmes des castes afin de les tenir à jamais sur leur joug. Quant à l’écriture de la vallée de l’Indus, c’était bien sûr un script protodravidien, même si on ne put jamais le prouver.

(*) Autrefois, le nom ‘Indous’, désignait tous les habitants de l’Inde, quelle que soit leur religion.

(**) Voilà pourquoi Hitler utilisa la croix gammée, qui est un antique symbole aryen – hindou plutôt – et n’a rien à voir avec la violence et la haine raciale.

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